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La gare de Marloie est située sur la ligne 162 de Namur à Sterpenich, à la frontière luxembourgeoise. Implantée au point kilométrique 51,2, entre les gares d’Aye et de Jemelle, Marloie est également une importante gare de bifurcation avec la ligne 43 de Liège (Angleur) à Marloie.
La ligne du Luxembourg entre Namur et Arlon est mise en service en 1858 par la Grande Compagnie du Luxembourg. La gare de Marloie est mise en service le 17 avril 1861.
La gare de Marloie a rapidement pris de l’importance. Le 25 juillet 1865, la Grande Compagnie du Luxembourg a ouvert à l’exploitation la section de Melreux à Marloie. Son prolongement jusqu’à Liège-Guillemins, achevé le 1er août 1866, a permis la mise en service de l’ensemble de la ligne de l’Ourthe. Marloie est ainsi devenue une gare de bifurcation et un nœud ferroviaire important.
La première gare de Marloie
Pour la construction de ses gares, la Grande Compagnie du Luxembourg avait développé plusieurs modèles standardisés. L’imposant bâtiment de Marloie, rectangulaire et à deux niveaux, a ainsi été conçu dans une inspiration néoclassique. Il se composait d’un élément central de trois travées sous toiture en bâtière, encadré de deux pavillons d’une travée disposés sous des bâtières transversales. Les différentes façades présentaient une composition symétrique. Au rez-de-chaussée, les ouvertures étaient constituées de portes surmontées d’arcs bombés. À l’étage, les seuils des fenêtres se prolongeaient sous la forme d’un cordon horizontal, tandis qu’un autre cordon de briques reliait les larmiers des ouvertures du rez-de-chaussée. Un auvent ornementé est ajouté en 1889 afin de protéger les voyageurs.
Avec le développement du trafic ferroviaire, ce bâtiment est rapidement devenu trop exigu. Il fut alors agrandi par l’ajout, d’un côté, d’une aile basse d’une travée sous toiture et, de l’autre, d’une aile basse de deux travées sous bâtière; cette aile était prolongée par un bâtiment de service de sept travées.
Le développement du chemin de fer entraîna parallèlement celui du quartier de la gare. Des hôtels et différentes entreprises, notamment des scieries, se sont installés à proximité. Marloie accueillait également à cette époque une gare et un dépôt de la Société nationale des Chemins de Fer vicinaux (SNCV), le réseau secondaire du « grand chemin de fer ».
L’Administration des Chemins de Fer a envisagé en 1912 la démolition du bâtiment principal de la gare et son remplacement par une nouvelle construction dont l’architecture devait être comparable à celle de Libramont. Le projet est toutefois reporté et l’ancien bâtiment subsiste jusqu’à la seconde guerre mondiale.
La catastrophe du 21 mai 1944
Le 21 mai 1944, vers midi, Marloie a été frappée par une catastrophe majeure. Un avion de chasse allié « Republic P-47 Thunderbolt » a mitraillé un train composé d’une trentaine de wagons chargés de munitions allemandes. L’explosion qui s’ensuivit fut gigantesque, la quantité de munitions transportée aurait représenté l’équivalent d’environ 450 tonnes de TNT. La déflagration a ravagé les installations ferroviaires, détruit la gare et provoqué d’importants dégâts dans une grande partie du village. Malgré l’ampleur des destructions, les voies ont été remises en état en quelques jours, notamment grâce à la main-d’œuvre du Service du Travail obligatoire (STO).
La seconde gare de Marloie
Un nouveau bâtiment des voyageurs a été construit après la guerre. La gare actuelle, achevée en 1951, soit sept ans après la catastrophe, est attribuée à l’architecte Maxime Brunfaut. Un plan daté du 31 décembre 1961 témoigne encore de l’importance des installations ferroviaires et industrielles de Marloie: on y distingue notamment le bâtiment et la voie du raccordement du Syndicat Agricole – S.A. Ardenne et Condroz, le raccordement de la S.A. J. Lambert et son hangar, ainsi que celui de la scierie Efco. La gare possédait également un faisceau de six voies secondaires, précédé d’une bosse de triage permettant la manœuvre et le triage des wagons. Du côté de Jemelle se trouvait en outre un triangle de retournement permettant aux locomotives de changer de sens sans devoir recourir à une plaque tournante.
La gare aujourd’hui
Marloie demeure aujourd’hui une gare importante du réseau SNCB, notamment en raison de sa situation à la jonction des lignes 162 et 43. Le bâtiment des voyageurs est toujours utilisé pour l’accueil du public et différents services ferroviaires. Les quais sont équipés d’abris et un passage souterrain permet aux voyageurs de franchir les voies en toute sécurité.
La gare de Marloie est desservie par différentes catégories de trains, notamment des InterCity (IC), des trains d’heure de pointe (P) et des trains locaux (L).
- Le dépôt des chemins de fer vicinaux (SNCV). Marloie a également été desservie par les chemins de fer vicinaux. De 1900 au 6 septembre 1954, la localité possédait une station de la ligne vicinale 516A Bastogne – Marche-en-Famenne via Amberloup, exploitée par la Société nationale des chemins de fer vicinaux. Le bâtiment situé rue de Marilda a ensuite été utilisé comme gare routière et comme bureaux du dépôt d’autobus de la SNCV, puis du TEC.



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