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Câbleries et Corderies du Hainaut

Classification
Secteur:Secondaire
Classification Statbel:Industrie manufacturière
Type d'industrie manufacturière:Fabrication de textile

L’histoire commence en 1810, lorsque Jean-Baptiste Harmegnies installe une corderie à Dour, dans le secteur de l’actuelle rue du Temple. À l’origine, il s’agit d’une activité artisanale utilisant notamment le chanvre.

En 1842, l’atelier passe à son fils Jean-François Harmegnies. C’est sous sa direction que l’entreprise prend véritablement une dimension industrielle.

En 1854, une nouvelle fabrique est construite et une machine à vapeur est installée. Jean-François Harmegnies modernise ensuite progressivement les installations et développe la fabrication de câbles destinés notamment aux charbonnages, ce qui constitue un débouché particulièrement important dans le Borinage. Dans la deuxième moitié du XIXᵉ siècle, Dour est au cœur d’une importante région charbonnière. Les mines ont besoin de câbles et de cordages résistants pour les installations d’exploitation. L’entreprise Harmegnies se spécialise donc progressivement dans les câbles de mine, les câbles plats et ronds, les cordes en chanvre, les fils de fer et d’acier, les câbles en cuivre et en bronze, les courroies, différents produits destinés aux charbonnages, carrières et usines.

À la fin du XIXᵉ siècle, l’usine emploie environ 42 ouvriers et a acquis une réputation qui dépasse largement la région. Elle exporte notamment vers la France, l’Allemagne et les Pays-Bas.

C’est en 1882 que Jean-François Harmegnies constitue la société « André Harmegnies et frères », associant ses enfants à l’entreprise. En 1906, la société en commandite est transformée en société anonyme sous le nom de Société anonyme des Corderies Harmegnies de Dour. L’entreprise reste toutefois une affaire fortement liée à la famille Harmegnies.

En janvier 1922, la société fusionne avec la société « Les Conducteurs électriques » de Saint-Gilles. Cette opération permet à l’entreprise de se diversifier vers la fabrication de câbles électriques. Elle prend alors le nom de S.A. des Câbleries et Corderies du Hainaut. L’affaire n’est donc plus simplement une corderie destinée aux charbonnages : elle devient progressivement une véritable câblerie industrielle, capable de produire des câbles pour différents secteurs.

Après 1945, l’entreprise doit s’adapter à l’évolution rapide des techniques. Les matières plastiques et les nouveaux matériaux isolants prennent progressivement une place importante dans la fabrication des câbles. L’entreprise diversifie donc ses productions au-delà des traditionnels câbles de mine. Elle participe également au développement de nouvelles technologies. En 1970, par exemple, elle s’associe à Fabricable pour créer Télécable, destinée à la fabrication de câbles téléphoniques isolés au polyéthylène.

À cette époque, l’usine devient l’un des grands employeurs industriels de Dour. En 1958, elle compte encore environ 750 ouvriers, alors que le nombre des entreprises belges de câblerie s’est fortement réduit : sur les 16 entreprises recensées en 1896, il n’en reste plus que trois en 1958, dont celle de Dour.

Dans les années 1970, les Câbleries et Corderies du Hainaut de Dour figurent parmi les principaux fabricants belges capables de fournir des câbles téléphoniques souterrains à la Régie des Téléphones et Télégraphes.

Une nouvelle opération fondamentale intervient en 1977 : les Câbleries et Corderies du Hainaut fusionnent avec les Câbleries et Tréfileries Associées / Senecable. La nouvelle entité conserve le nom de S.A. Câbleries et Corderies du Hainaut.

L’entreprise atteint alors une dimension considérable. Pourtant en 1976, son personnel passe encore d’environ 936 à 820 personnes. Le recul de l’emploi marque déjà les difficultés auxquelles l’industrie lourde et les industries liées aux charbonnages vont être confrontées.

La fin de l’histoire est liée à la concentration internationale de l’industrie du câble. En 1989, les Câbleries de Lyon, filiale du groupe Alcatel, prennent le contrôle du groupe des Câbleries de Dour. Cette opération est suivie de nombreuses restructurations. L’évolution du marché, le coût des matières premières et les difficultés de l’industrie belge vont progressivement fragiliser le site.

Au début des années 1990, les installations de Dour sont fortement réduites. Les bâtiments deviennent progressivement inutilisés et une partie du site est démolie. L’entreprise ferme définitivement en 1992.

Aujourd’hui, quelques éléments permettent encore de retrouver cette ancienne activité industrielle, notamment la « valeuse » construite en 1935, une machine destinée à torsader les cordes, conservée sur le site.

Métadonnées pour sociétés, Raccordement Dour

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