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La gare d’Achel, commune de l’entité Hamont-Achel située à proximité de la frontière néerlandaise, a ouvert ses portes en 1867, soit un an après l’inauguration de la ligne 18. En raison de son rôle de gare-frontalière, elle fut rapidement dotée d’un bâtiment de dimensions importantes, qui accueillait également les services douaniers.
La partie centrale, percée de cinq fenêtres, abritait notamment les guichets. Elle était encadrée par deux longues ailes: l’une accueillait la salle d’attente et les locaux de service, l’autre était réservée aux services de la douane. Les voyageurs devaient descendre du train afin de se présenter au contrôle douanier. L’ensemble était couvert d’un toit bordé, côté voies, par un auvent courant sur toute la longueur du bâtiment.
À proximité de la gare se trouvait également un dortoir destiné aux mécaniciens et aux chauffeurs, de nombreux trains, notamment de marchandises, effectuant de longs arrêts à Achel. La gare disposait de trois voies à quai ainsi que de cinq voies de garage. Celles-ci étaient principalement utilisées par les trains de marchandises internationaux qui changeaient de locomotive à la frontière. Achel possédait également un petit dépôt de locomotives comprenant une remise à quatre voies ainsi qu’une plaque tournante de 16,5 mètres de diamètre. La gare était aussi équipée d’une cour aux marchandises, qui comprenait deux voies en cul-de-sac ainsi qu’une voie de garage complétée par une courte voie en impasse desservant un important hangar aux marchandises.
Le dépôt a disparu vers 1924 et les installations ont ensuite été progressivement réduites, alors que le trafic transfrontalier déclinait. En 1936, cinq trains desservaient encore Achel, dont trois poursuivaient leur parcours aux Pays-Bas. Particularité aujourd’hui oubliée: à cette époque, la Belgique et les Pays-Bas affichaient un décalage horaire de vingt minutes.
Durant la première guerre mondiale, le franchissement de la frontière fut totalement interrompu, les Pays-Bas étant restés neutres. Le trafic transfrontalier connut une nouvelle interruption pendant la seconde guerre mondiale, à partir du 15 mars 1940.
Le 7 janvier 1945, les chemins de fer néerlandais rétablirent leurs circulations jusqu’à Valkenswaard, sans toutefois franchir la frontière. Du côté belge, la SNCB reprit l’exploitation au milieu de l’année 1945. Celle-ci cessa définitivement le 5 octobre 1947 et la ligne fut démantelée peu après.
Le bâtiment de la gare, qui cessa également d’être utilisé pour le trafic des marchandises en 1959, existe toujours. Depuis 1963, il est toutefois intégré à un complexe de bâtiments industriels et est devenu méconnaissable.
La gare-frontière d’Achel était équipée d’étables de quarantaine destinées à contrôler le bétail importé des Pays-Bas afin de détecter d’éventuelles maladies contagieuses. Un quartier se développa rapidement autour de la gare, avec des hôtels, des cafés et des commerces. Après la suppression du trafic voyageurs en 1946, les hôtels disparurent. À la fin de l’année 2007, les dernières étables de quarantaine furent démolies. Elles avaient été gravement endommagées par une violente tempête.



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